Le Mur de l’Atlantique

Le Mur de l’Atlantique ou Atlantikwall

Le Mur de l'Atlantique, ou Atlantikwall, est un vaste système de fortifications construit par l'Allemagne nazie entre 1942 et 1944. S'étendant sur près de 5 000 kilomètres, de la Norvège au Pays basque, ce réseau de défenses avait pour but de repousser un éventuel débarquement allié sur les côtes de l’Europe de l’Ouest. Combinant des bunkers, des batteries côtières, des champs de mines et des obstacles anti-débarquement, il constituait un rempart stratégique face à l’ennemi.

Malgré les efforts déployés pour en faire une barrière infranchissable, le Mur de l'Atlantique n'a pas empêché le succès du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944. Aujourd’hui, ces ouvrages demeurent des témoignages impressionnants des enjeux de la Seconde Guerre mondiale, rappelant les avancées militaires et les drames humains qui ont marqué cette époque.

Ces bunkers et autres structures on été en partie construites par des travailleurs forcés dans le cadre du Service de Travail obligatoire (STO) comme le père de Jean-Paul Lescorce mentor de notre projet culturel et sportif.

Ces bunkers (blockhaus) et autres structures on été construite par des travailleurs forcés dans le cadre du Service de Travail obligatoire (STO)

Les vestiges du Mur de l’Atlantique : Une diversité fonctionnelle

Le Mur de l'Atlantique se distingue par la variété des ouvrages qui le composent, chacun conçu pour répondre à des besoins stratégiques précis. On y trouve :

Batteries côtières : dotées de canons de gros calibre pour intercepter les navires ennemis.

Blockhaus et Casemates : abris de béton armé destinés à protéger les soldats ou les équipements de tirs.

Encuvements ouverts : positions pour canons.

Tobrouks : postes d’observation ou d’armement semi-enterrés.

Radars et stations de communication : essentiels pour surveiller l'espace aérien et maritime.

Les Équipements des bunkers : ingénierie et survie

Les bunkers du Mur de l'Atlantique reflètent l’ingéniosité de l’époque, où chaque détail était pensé pour garantir la survie des soldats dans un contexte hostile.

Systèmes de ventilation et filtration : En cas d'attaque au gaz, des systèmes sophistiqués de renouvellement et de purification de l'air permettaient de maintenir un environnement respirable à l’intérieur des bunkers.

Portes blindées étanches au gaz : Ces portes protégeaient les occupants contre les explosions et les gaz de combat.

Systèmes de chauffage multifonctions : Les poêles installés servaient à chauffer les bunkers tout en offrant aux soldats la possibilité de cuisiner leurs repas.

Systèmes de communication : Depuis les toits des bunkers, les puits d'antennes et les sorties pour périscopes permettaient de transmettre des informations vitales. Ces installations incluaient également des conduits d'évacuation des fumées des poêles.

Ces équipements, souvent en avance sur leur temps, illustrent les défis auxquels devaient faire face les ingénieurs et les soldats.

Notre Projet : Exploration et Mémoire

Notre concept repose sur une approche unique : explorer et transmettre l’histoire du Mur de l'Atlantique à travers des activités sportives et culturelles. En partenariat avec des spécialistes et des collectivités locales, nous créons des parcours pédagogiques adaptés à tous, intégrant des panneaux explicatifs, des supports interactifs et des outils innovants comme table d’orientation interactives.

Avec le recul du trait de côte dû à l'érosion et aux changements climatiques, de nombreux ouvrages se retrouvent aujourd'hui dans la zone de balancement des marées, immergés ou au pied de falaises. Ces transformations géographiques rendent leur exploration plus difficile mais aussi plus fascinante. Par nos activités, comme la plongée sur les blockhaus immergés et la randonnée littorale et en stand-up paddle sur les sites historiques du Mur de l’Atlantique, nous souhaitons préserver la mémoire de ces sites, tout en sensibilisant le public à l’impact de ces mutations naturelles et à l’importance de protéger ce patrimoine unique.

Le Mur de l’Atlantique constitue une ligne de défense de plus de 5000 Km de long construite par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale dans les territoires occupés dans le but d’empêcher toutes tentatives d’invasion par les Alliés.

Les 3 Armées

  • HEER

    Armée de Terre

    La Heer de la Wehrmacht pour « Wehrmacht - Heer » constituait la composante terrestre des forces armées du Troisième Reich du 21 mai 1935 à mai 1945.

  • LUFTWAFFE

    Armée de l’air

    La Luftwaffe était la composante aérienne de la Wehrmacht de 1935 à 1945.

  • KRIEGSMARINE

    Marine de Guerre

    La Kriegsmarine est le nom allemand de la marine de guerre allemande entre 1935 et 1945, sous le Troisième Reich.

Comprendre le mur de l’Atlantique:

L’Atlantikwall s’organisait en secteurs de défense identifiés sous les appellations Wn (Widerstandsnest) et Stp (Stützpunkt), accompagnées de codes alphanumériques (Gi, Ar, Ba, Bo). Exemple sur la photo de droite Gi 305a pour les bunkers de Gironde). Afin d’y voir plus clair Gi correspond a Gironde (donc les positions du secteur de la Gironde) et 305a au numéro de la position (le numéro étant croissant du Nord au Sud).

Chaque position combinait diverses infrastructures défensives adaptées au site et à leur fonction stratégique.

Chaque position du Mur de l’Atlantique comportait des modèles spécifiques de bunkers ou blockhaus, intégrant notamment des batteries côtières pour l’artillerie lourde. Certaines positions étaient équipées de stations de détection et de postes de surveillance aérienne, exploités par l’armée de l’air allemande pour le repérage des mouvements ennemis.

Par ailleurs, dans les grandes villes situées sur des estuaires ou à proximité de fleuves, des bases sous-marines ont été construites pour protéger les sous-marins. Ces gigantesques bunkers se trouvent notamment à Bordeaux, La Rochelle, Saint-Nazaire, Lorient et Brest, et constituent des éléments majeurs du dispositif de l’Atlantikwall.

Sur cette page, nous vous proposons un bref aperçu de la composition du Mur de l’Atlantique, en mettant en lumière son organisation, ses infrastructures et son rôle dans la stratégie défensive du littoral européen.

La Typologie:

Pour des raisons d’organisation, d’efficacité et d’optimisation des chantiers de construction du Mur de l’Atlantique, l’ensemble des bunkers s’intègre dans un cahier général de modèles types (Regelbau / ten) associés en fonction de l’environnement et des fonctions recherchées sur chaque zone fortifiée.

Cette typologie est spécifique à chaque armée, Terre (Heer), Marine (Kriegsmarine) et Air (Luftwaffe).

Certaines structures dérogent toutefois à la règle au travers de variants ou d’innovations locales, elles sont alors classées dans une catégorie plus rare SK. pour Sonder Konstruction.

Bien qu’il existe des centaines de modèles différents, adaptés aux besoins des différentes armées et à des objectifs précis, les constructions du Mur de l’Atlantique répondaient à des standards rigoureux définis par l’Organisation Todt. Tout était quantifié et rationnalisé, de la quantité de béton et de ferraille utilisée pour le béton armé jusqu’aux équipements intérieurs.

Les bunkers avec du personnel étaient souvent équipés de portes blindées et étanches au gaz, de systèmes de chauffage et de ventilation pour assurer le confort des équipages, ainsi que d’aménagements spécifiques selon leur fonction (postes d’observation, casemates de tir, abris pour troupes)

La composition du Mur de l’Atlantique

 
Bunker capbreton dans les Landes.Vue générale de la position Ba 14 H.K.B. de Capbreton

Bunkers

L'organisation Todt a normalisé la construction des bunkers suivant leur usage et leurs contraintes : le Regelbau.

Plus de 700 types d'ouvrages furent ainsi définis pour les trois armées : casemate de tir, poste de commandement, abri pour le personnel, centre de secours, cuisines, réservoirs d'eau, soute pour munitions, etc. Sauf pour les ouvrages de la Heer, le numéro de la construction est précédé d'une lettre identifiant l'armée ou la catégorie. Ainsi un M pour la Kriegsmarine, un L pour la Luftwaffe. Le S désigne des ouvrages lourds (Schwere en allemand). Les lettres FL désignent des types d’ouvrage de FLAK (défense contre avions de la marine).

Cette normalisation des constructions présentait de nombreux avantages :

Une conception étudiée de chaque ouvrage dans les moindres détails.

Une production simplifiée car standardisée des composants : ventilation, blindages (portes, créneaux de tir, cloche blindée) alimentation et distribution électrique, chauffage, ameublements (lit, table, armoire, etc.).

Facilitation de la mise en place du chantier par un chiffrage précis des besoins (terrassement, béton, ferraillage) et donc amélioration des délais de construction. L’armement peut être de série ou résulté de prise de guerre.

Bunker de la station radar de la position Ba 16 de Labenne dans les Landes

Stations Radars

Depuis 1940 les Allemands décident de développer de puissants moyens dans la technologie des radars. Des stations radars de surveillance aériens tenues par la Luftwaffe (armée de l’air) sont mis en place tout le long du Mur de l’Atlantique.

Ses « oreilles » du Mur de l’Atlantique étaient lourdement protégées par des canons de défenses anti-aériennes installées sur les bunkers.

Il existe trois types de radars : les radars de détections, de veilles et de poursuite.

Un grand Radar de commandement Wassermann ou Freya de grande portée récupérait toutes les informations et pouvaient détecter l’ennemie. Un Radar de type Würburg-Riese de moyenne portée prenait le relais. Un dernier Radar Würburg-Riese servait d’aide au guidage pour les avions de chasse allemand. Les stations de Radar étaient équipées de bunker pour les appareils de mesure Radio.

Obstable anti-débarquement du Mur de l'Atlantique

Obstacles de plage

Les obstacles de plages font partie des défenses passives du Mur de l’Atlantique. Il existe deux catégories d’obstacles de plages : une première catégorie qui vise à bloquer les barges du débarquement et la deuxième catégorie vise à bloquer les véhicules blindés qui auraient éventuellement pu débarquer.

La disposition de ces obstacles répond à la configuration particulière de chaque lieu.

Tétraèdres : Il s'agit de prismes constitués de poutrelles en béton. Tout comme les hérissons tchèques, ils visent à entraver la progression des chars.

Hérissons tchèques : Les hérissons tchèques sont des croisillons de poutrelles d'environ 2 mètres disposés sur les plages.

Portes belges : Les portes belges sont constituées d'un ensemble de poutrelles formant un panneau vertical ainsi que d'une flèche destinée à les empêcher de tomber, les portes belges sont conçues comme un obstacle contre les chars et les véhicules légers. L'objectif de ces barrières, n'est pas tant d'arrêter les blindés que de les obliger à rompre leur formation et à présenter leur flanc à l'artillerie. Bien que produites à plus de 70.000 unités, il n'en subsiste que très peu d'exemplaires.

Troncs : Dirigés vers la mer, dans l'espoir que les barges s'empalent à leur rencontre. Les barges sont des embarcations de petites dimensions, à faible tirant d'eau, si bien que ce type d'obstacle les fait chavirer avec leurs hommes.

Pieux verticaux : Il s'agit de pieux plantés sur la plage, dépassant le sable d'environ un mètre. A marée haute, ils deviennent invisibles, totalement recouverts par les eaux. Il devient dès lors difficile pour les bateaux de les éviter.

Dents de dragon : Les dents de dragon sont des alignements de petites pyramides pleines. Elles ont été utilisées de façon massive le long des fortifications terrestres allemandes, afin d'arrêter des assauts blindés, mais en nombre beaucoup plus réduit sur les plages.

Exploration et etude de la base sous marine U-Boot Bunker de Bordeaux

Bases sous-marines (U-Boot Bunker)

Dans le cadre du Mur de l’Atlantique , la Kriesgmarine commençe la construction de bases de sous-marins sur le littoral Atlantique pour protéger les U-boot des bombardements alliés. Cinq bases (U-Boot Bunker) seront construites en France à Brest, Lorient, St Nazaire, La Rochelle, et Bordeaux.

Bien à l'abri dans leurs alvéoles, les U-boot ne risquaient aucun dommage en cas de bombardements et pouvaient se lancer à l'assaut des convois alliés depuis ces fortifications modernes et terriblement efficaces.

Les différents types

de Bunker

Comme on le retrouve un peu partout sur le Mur de l’Atlantique, se succède batterie côtière d’armée de terre, batterie côtière de la marine et base de surveillance aérienne.

En fonction des armées et des emplacements, on retrouve différents types de bunkers.

  • photo d'un Poste de Direction de Tir

    Les Postes de Direction de Tir

    Les Postes de Direction de tir abritaient des officiers et des instruments de télémétrie et d’aide au pointage des batteries. Ce sont les Postes de Directions de Tir qui donnaient les instructions aux bunkers de tir.

  • photo d'un Bunker de Tir

    Les Bunkers de tir

    Les Bunkers de tir abritaient des canons anti-char ou de défense anti-aérienne.

  • photo d'un Bunker pour le personnel

    Les Bunkers pour le personnel

    Les Bunkers pour le personnel abritaient les soldats présents sur les positions.

  • photo d'un Bunker abris

    Les Bunkers abris

    Les Bunkers abris, pour des équipements radios, machines et projecteurs de lumière, résistant aux bombardements qui accueillaient du matériel (appareils de mesures radios, citerne à eau).

  • Bf 1694 encument canon de 5 cm KwK

    Les encuvements

    Il existe plusieurs types de structures bétonnées sur le Mur de l’Atlantique. Avec les classiques casemates de tir ou de casemates de flanquement, une variété de ''plate-forme" et d’encuvements standardisés proposent une mise en exploitation de canons légers à moyens sur certains sites du Mur de l’Atlantique.

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  • les photos d'un Tobruk

    Les Tobruks

    Les Tobruks, qui ne sont pas des bunkers à proprement parler, ils peuvent être toutefois intégrés à certains bunkers pour en assurer la défense rapprochée. L’usage du Tobruk est complexe et généralement, ils abritaient une mitrailleuse lourde de type MG-34 ou MG-42.